
Place
Edgar Quinet
Situation
La
place Edgar Quinet se trouve au cœur des Brotteaux dans le sixième
arrondissement.
Elle
est limitée à l’ouest par l’avenue de Saxe, au sud par la rue
Vauban, à l’est par la rue de Créqui, elle interrompt la rue
Bugeaud.
Architecture
L’élément
le plus remarquable, la pièce maîtresse qui justifie la place est
l’église Saint Pothin construite à partir de 1836, a connu sa
première messe à Noël 1843. Elle a l’allure d’un temple grec
avec sa double rangée de massives colonnes. Vue de dos, c’est une
église bien classique avec son clocher pointu mais toutefois avec
un dôme circulaire original. Saint Pothin fut le premier évêque
de Lyon, on le trouve parfois sous le nom de Phostin ou Faustin, un
saint vénéré au moyen âge pour son pouvoir sur les fauves, à
rapprocher du martyr de sa disciple Blandine que les fauves
épargnèrent à l’amphithéâtre des trois Gaules.
Toujours
sur la place, mais au sud, l’austérité et le classicisme des
décorations du solide bâtiment en pierre blanche du lycée visait
à l’évidence à favoriser une sévère discipline.
Coté
nord, ce sont deux blocs de maisons. L’un homogène, datant de la
fin du 19e siècle, avec de belles façades décorées de
fer forgé. L’autre est plus décousu vers la rue de Créqui avec
quatre maisons différentes, une ancienne en pierre, les autres en
béton, le n°17 datant de 1974.
La
place elle-même est un square avec deux jolies fontaines.
Dédicace
Edgar
Quinet était un historien du 19e siècle.
Il
est né le 17 février 1803 à Bourg en Bresse.
Il
est venu une première fois à Lyon en 1817 pour y faire ses études
au lycée Ampère.
Il
est revenu en 1839 pour y enseigner les lettres à l’université,
il a aussi écrit des articles dans le Progrès, il vivait alors rue
Jarente.
Il
a été toute sa vie un fervent républicain, deux fois député,
exilé pendant l’empire.
Il
est l’auteur d’un livre, l’enseignement des foules, publié en
1850 dans lequel il préconise l’enseignement gratuit, laïc et
obligatoire.
Edgar
Quinet est mort à Versailles le 27 février 1875.
Histoire
Au
16e
siècle, il existait encore un beau monument paraissant remonter aux
romains.
A
la fin du 18e
siècle, une pyramide s'élevait
devant l'église des Brotteaux, c’était le premier monument
expiatoire à la mémoire des victimes du siège de Lyon en 1793.
Saint
Pothin a été la première église du quartier des Brotteaux,
paroisse fondée en 1826 quand les habitants commençaient à
s’installer de ce coté ci du Rhône. L’église Saint Pothin et
son autel ont été classés monument historique le 2 mai 2007. Au
19e
siècle, avant de construire
l’église, on avait installé les Arènes lyonnaises où se
déroulèrent des spectacles de lutte durant quelques années.
En
1840, puis surtout en 1856, quand la population était déjà plus
nombreuse, ce quartier a connu deux terribles inondations, dernières
réminiscences du temps où les Brotteaux étaient dans le lit de
crue du Rhône.
En
1899, Emile Nouguier a été arrêté sur la place pour avoir
assassiné une patronne de bar à coup de bouteilles. Le professeur
Lacassagne étudia le criminel et lui demanda d’écrire sur sa
vie, Nouguier le fit en prenant pour narrateur un moineau.
Au
début du 20e
siècle, on a construit le lycée
Edouard Herriot, en 1902, le premier réservé aux jeunes filles à
Lyon si mes souvenirs sont bons. Lucie Aubrac a enseigné au lycée
Edgar Quinet en 1943.
En
1944, une professeur de lettres du lycée, Denise Joussot a
recueilli chez elle la famille Alexandre, juifs poursuivis par les
nazis. Elle en a été récompensé plus de cinquante ans après la
médaille des justes et par la légion d’honneur.
Art
et associations
La
paroisse Saint Pothin se décline en de nombreuses activités qui
sont détaillées sur les panneaux de l’église.
Y
sont installés aussi, la galerie le chevalet, la reliure moderne et
l’association de cardiologie du Rhône.
Commerces
et services
Face
à l’église et au lycée, de nombreux bancs permettent
d’apprécier l’ombre des arbres, le bruissement des deux
fontaines et aux parents de surveiller les gones sur leurs
balançoires et toboggans.
Le
plus important est le lycée Edouard Herriot, mais on y trouve aussi
un magasin de thé, un de décoration, une banque avec GAB, une
assurance, quatre avocats, un centre de médecine du travail et un
loueur de vidéo ainsi que deux points de récupération du verre.
Un
peu isolé du centre de la place, un grand carré entouré de
grilles est aménagé en terrain de sport.
Novembre
2005
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